Vous connaissez des Keemen ? Canards Illimités Canada veut vous entendre!

Les premiers bénévoles ont été les piliers de nos premiers efforts de conservation des milieux humides.

Les Keemen (et les femmes) scrutaient attentivement le ciel et le territoire. ©CIC

Par Karla Guyn, Chef de la direction

Ils ont été parmi les premiers « citoyens scientifiques » du Canada. Animés d’un esprit de découvreur, ils raffolaient du plein air — à cheval, en canot, à pied et en voiture — dans les zones productives de canards des Prairies. Ils avaient une mission importante à accomplir : recenser les canards, les oies et les autres représentants de la faune aperçus dans les milieux humides et d’autres sites naturels. La conservation, la coopération et la restauration étaient leurs mots d’ordre. Ils ont été les premiers bénévoles de la conservation de Canards Illimités Canada. Ils s’appelaient les Keemen.

Aujourd’hui, nous voulons connaître leur histoire.

En 2018, CIC fête son 80e anniversaire dans le cadre de l’« Année du bénévole ». À l’occasion de nos festivités, nous souhaitons réunir des récits et des photos d’anciens Keemen ou de leurs parents et amis. Nous voulons raconter aux Canadiens l’histoire de nos premiers bénévoles.

Le programme des Keemen a vu le jour en 1938, soit l’année même où Canards Illimités Canada (CIC) s’est enraciné dans le paysage riche et fertile des Prairies. C’est à cette époque que nous avons réalisé nos trois premiers aménagements de milieux humides, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Cette armée de 3 000 gardiens des marais a soutenu le lancement de notre organisme de conservation à but non lucratif : ils ont été les ambassadeurs de CIC. Ils étaient agriculteurs, médecins, chefs de police, banquiers, commerçants, biologistes au gouvernement et militaires. La plupart étaient des chasseurs. Certains ont joué le rôle de Keemen pendant des décennies. À leur retraite, ils ont souvent passé le flambeau à leurs fils et à leurs filles.

Les Keemen (et les femmes) scrutaient attentivement le ciel et le territoire. Trois fois par an, ils rendaient compte de leurs observations de la sauvagine nicheuse et migratrice, des conditions de l’habitat et des conditions météorologiques. Ils nous faisaient aussi part des dommages causés aux aménagements ou suggéraient des sites potentiels pour de futurs aménagements. Ils remettaient à CIC leurs documents maculés de boue pour éclairer nos efforts de conservation des milieux humides. CIC compilait et publiait leurs constats dans les rapports soumis aux organismes, aux partenaires financiers et aux supporteurs.

Keemen
Le programme des Keemen a vu le jour en 1938, soit l’année même où Canards Illimités Canada (CIC) s’est enraciné dans le paysage riche et fertile des Prairies. ©CIC

Le programme a été dissous à la fin des années 1990. J’ai la chance de posséder l’original d’un registre et d’un recensement de la sauvagine des Keemen datant de 1939. Ce manuel d’archives d’époque nous donne un aperçu des sautes d’humeur de la météo et de la migration, en plus de nous éclairer sur la communion exceptionnelle des Keemen avec la terre et la faune. Ils tenaient à s’assurer qu’il y aurait toujours de la vie dans ces espaces sauvages. Comme le disait si bien la rédactrice de CIC dans un message à ces bénévoles : « Quand on réunit tous vos rapports, on a, plus que jamais auparavant, une meilleure idée des conditions de la sauvagine dans l’Ouest du Canada. »

Les Keemen ont légué leur patrimoine aux scientifiques qui effectuent des travaux de recherche essentiels qui orientent nos activités actuelles de conservation. Leur passion déteint sur cette tradition de générosité qui règne sur notre réseau de 5 900 bénévoles qui organisent, d’un océan à l’autre, les événements-bénéfice de CIC. Ils ont aussi transmis leur passion aux gardiens des marais bénévoles de l’Alberta, à nos inspecteurs de nichoirs en Ontario, à ceux qui arrachent manuellement les végétaux envahissants qui asphyxient nos milieux humides et nos cours d’eau, de même qu’à tous ceux et celles qui sont des fervents de la vie en plein air et qui interviennent pour en préserver la qualité.

Mon vieux registre en lambeaux dit qu’« une terre qui assure la subsistance et la prospérité de la faune est aussi une terre qui apporte le bonheur et la prospérité ». À mes yeux, l’histoire méconnue des  Keemen de CIC constitue un pan entier de notre histoire de la conservation et de l’avenir de la nature et de l’économie du Canada.

Nous espérons que vous enrichirez de vos histoires le coffre aux trésors tant attendu de récits à propos de nos premiers bénévoles, pour continuer de tous nous inspirer et nous motiver. Si vous avez des histoires à nous raconter sur les Keemen, faites-nous parvenir un courriel (conservationniste@canards.ca) ou appelez‑nous au 1-800-665-3825.