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Récit
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Conservationniste, Science

Les nouveaux outils du métier de conservationiste

Quand les outils qui ont fait leurs preuves ne font plus l’affaire, la haute technologie est au rendez-vous.

mai 23, 2018
© CIC

D’anciens bénévoles comme Glen Michelson passent le relais à une nouvelle pépinière de conservationnistes, dont fait partie Derek Hallgrimson. CIC a embauché Derek Hallgrimson au début de l’année à titre de spécialiste de la conservation à Strathmore, en Alberta.

Pendant ses études de baccalauréat en sciences appliquées dans la gestion des écosystèmes au Collège Lethbridge, il a été bénévole et président du comité de CIC qui regroupait les étudiants du Collège Lethbridge. C’est alors qu’il a fait connaissance avec Glen Michelson. « Il a beaucoup impressionné la communauté du Sud de l’Alberta, explique Derek Hallgrimson. Il est lui aussi animé de la même volonté que Glen Michelson comme Keeman. Tout l’art consiste à savoir redonner à la communauté. »

Mais puisqu’il fait partie de la génération des milléniaux, Derek Hallgrimson dispose d’un atout sur Glen Michelson : la haute technologie dans ce qu’elle a de plus abordable.

« Il y a 80 ans, notre mission consistait à sauvegarder l’habitat pour la sauvagine et la faune. Cette mission n’a pas changé aujourd’hui, explique David Howerter, directeur national des opérations de conservation de CIC. Ce qui a changé, c’est que nous avons désormais de nouveaux outils à notre disposition. C’est même plutôt génial. »

Ces nouveaux outils permettent aux chercheurs et aux spécialistes de la conservation de CIC de poser de nouvelles questions, de mener plus efficacement leur mission de conservation et d’analyser le territoire d’un point de vue entièrement nouveau.

La technologie à l’œuvre.
La technologie à l’œuvre. © CIC

Il y a 80 ans, notre mission consistait à sauvegarder l’habitat pour la sauvagine et la faune. Cette mission n’a pas changé aujourd’hui. Ce qui a changé, c’est que nous avons désormais de nouveaux outils à notre disposition.

David Howerter

L’odorat

Imaginez un retriever du Labrador, le museau en l’air, en train de capter une odeur. Son museau se convulse lorsqu’il repère différents parfums. Imaginez maintenant une tour qui fait la même chose, dans un rayon d’action de plusieurs mètres au-dessus d’un milieu humide. Tel un chien renifleur supérieur, cette machine est dotée de capteurs exceptionnels qui mesurent les niveaux de méthane et de dioxyde de carbone, la vitesse du vent et la température.

Il s’agit d’un système de mesure de la covariance des turbulences, et les chercheurs s’inspirent des données recueillies grâce à ce système pour connaître les flux de gaz à effet de serre dans les milieux humides.

La technologie à l’œuvre

En connaissant la quantité de dioxyde de carbone que les milieux humides emmagasinent, CIC est en mesure d’en promouvoir la protection. Grâce à l’équipe de CIC à l’Institut de la recherche sur les terres humides et la sauvagine (et à la technologie), nous connaissons aujourd’hui toute l’importance des milieux humides pour les humains comme pour la faune. « Conserver les milieux humides existants et intacts est essentiel. Ils agissent comme des réservoirs de carbone et exercent sur l’atmosphère un effet rafraîchissant net », nous apprend Pascal Badiou, chercheur scientifique de CIC spécialisé dans l’écologie de milieux humides.

La technologie à l’œuvre.
La technologie à l’œuvre. © CIC

Une meilleure vue d’ensemble

Grâce aux drones, ou « véhicules aériens non habités » (VANH), le personnel de la conservation de CIC en Saskatchewan a « une meilleure vue d’ensemble du territoire en plus haute résolution », affirme Lyle Boychuk, spécialiste du SIG de CIC. « Le niveau de détail recueilli aujourd’hui grâce à ces véhicules est prodigieux », s’exclame-t-il.

Autrefois réservé presque exclusivement aux militaires, le drone est en train de se généraliser dans le ciel. Cet aéronef est piloté à distance ou programmé pour voler de façon autonome.

Chez CIC, des employés compétents programment ces drones pour suivre un parcours précis; ils sont toujours sur les lieux pour les télécommander. En Saskatchewan, l’équipe de CIC se sert de deux drones, tous équipés d’une caméra à haute résolution, d’un système de géopositionnement (GPS) et d’autres outils de pointe afin de recueillir des images et des vidéos détaillées et de produire des modèles de la surface du paysage.

La technologie à l’œuvre

On se sert des VANH pour inspecter et surveiller les projets de CIC, cartographier les milieux humides et recenser les répercussions des travaux illicites de drainage des milieux humides.

« Et nous venons à peine de commencer », affirme M. Boychuk, qui fait observer que dans un proche avenir, les VANH auront bien d’autres applications. En plus d’apporter de l’information nouvelle, la vue à vol d’oiseau du paysage permet de réaliser des économies. Il fallait auparavant compter au moins une journée pour inspecter un projet qui s’étendait sur 64,7 hectares. « Désormais, on peut avoir une bonne idée de toute la propriété en moins d’une heure », affirme M. Boychuk. Le personnel de CIC utilise des drones afin d’améliorer le paysage pour la sauvagine — et non pour encombrer le ciel ou causer des collisions. « Nous évitons les collisions à tout prix », précise M. Boychuk.

La technologie à l’œuvre.
La technologie à l’œuvre. © CIC

La cartographie

Si vous êtes amateur de drames policiers, vous connaissez bien la scène dans laquelle le détective, impatient d’établir un lien entre les crimes, repère le lieu de chaque incident pour démêler l’écheveau. CIC fait appel à une approche comparable; notre objectif consiste toutefois à mieux analyser le territoire et à en aider d’autres à en faire autant. Les spécialistes du Système d’information géographique (SIG) de CIC leur prêtent main-forte en captant des images satellitaires de la Terre et en les stratifiant à l’aide de données liées à la géographie.

La technologie à l’œuvre

Les cartes riches en données produites par les spécialistes du SIG portent sur presque tous les aspects des travaux de CIC. Pour sa part, Derek Hallgrimson se sert des cartes du SIG pour repérer les bassins des milieux humides sur le site d’un propriétaire foncier qui pourrait devenir partenaire de CIC. On fait aussi appel à la technologie du SIG pour établir des prévisions sur l’habitat de reproduction et pour assurer le suivi des espèces envahissantes.

La télédétection

Ce printemps, CIC lance un projet pilote qui lui permettra de réduire son empreinte carbone en déployant des capteurs Cypress Solutions Sensors (CSS) dans 25 milieux humides. « Cet outil viendra réduire les déplacements du personnel et nous permettra de surveiller constamment les projets de conservation des milieux humides », explique Andrew Pratt, directeur de la technologie de l’information de CIC.

C’est ainsi qu’on placera un capteur en forme de rondelle de hockey au-dessus d’un milieu humide pour surveiller le niveau de l’eau en faisant appel à la technologie du sonar. On pourra aussi placer dans l’eau un deuxième capteur de plus petite taille pour relever la température. Mus par l’énergie, ces deux capteurs seront connectés à un mini-ordinateur et les données seront transmises au personnel de la conservation de CIC grâce à un réseau cellulaire.

La technologie à l’œuvre

Il est essentiel de faire appel à ces capteurs dans des endroits comme le marais Delta au Manitoba pour les chercheurs de CIC qui tâchent d’empêcher la carpe commune d’avoir accès à ce milieu humide connu dans le monde entier (cf. à la page 46). Cette carpe destructrice quitte le lac Manitoba pour se rendre dans ce milieu humide quand la température de l’eau atteint 10°C.

« En télésurveillant la température de l’eau, nous pouvons programmer l’installation de nos grillages d’exclusion dans les chenaux qui relient le marais Delta au lac, explique Dale Wrubleski, chercheur scientifique de CIC qui dirige les travaux au marais Delta. Si nous intervenons juste avant la migration de la carpe commune, nous pouvons l’empêcher d’avoir accès au marais, ce qui nous permet de gagner du temps lorsqu’il s’agit de se rendre sur les lieux pour connaître la température de l’eau. »

La technologie à l’œuvre.
La technologie à l’œuvre. © CIC

Des outils qui ont fait leurs preuves

Vous vous rappelez des PalmPilots? ou du Betamax? Certains perfectionnements n’ont pas résisté à l’épreuve du temps. Mais d’autres y sont parvenus. Voici quelques outils essentiels que les biologistes de la sauvagine utilisent depuis des dizaines d’années et dont ils se serviront pendant encore longtemps.

Les jumelles

Il est parfois difficile de s’approcher des canards ou des autres représentants de la faune. Les chercheurs, les sauvaginiers et les ornithologues se servent de ces jumelles pour observer les canards et d’autres oiseaux sans les déranger.

Le mire-œufs ou l’ovoscope

Inspirés par l’industrie de l’élevage de la volaille, d’intrépides biologistes de la sauvagine ont découvert que si on place l’extrémité de la durite d’un radiateur sur un œuf de canard non éclos et l’autre sur l’œil, en tenant l’œuf pour qu’il soit exposé au soleil, on peut observer le développement de l’embryon. Ces biologistes savent alors exactement quand se produira l’éclosion de l’œuf.

Les guides d’identification

Chacun sait qu’un peu d’aide ne nuit jamais, et un bon guide d’identification ornithologique est une ressource utile à garder à portée de la main et à consulter après avoir repéré un canard à l’aide de jumelles.

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Le magazine Conservationniste est présenté dans une édition imprimée spectaculaire. Vous avez droit à un abonnement annuel au Conservationniste, notre magazine primé, en faisant un don pour aider CIC à conserver les milieux humides et la faune.

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