Saint-Barthélemy : un aménagement en pleine évolution — Ducks Unlimited Canada
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Récit
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Conservationniste, Eau, Faune, Grands Lacs — Saint-Laurent, Partenariats, Propriétaires fonciers

Saint-Barthélemy : un aménagement en pleine évolution

Le moment est venu de trouver des solutions. CIC montre la voie pour atteindre l’équilibre voulu.

septembre 26, 2019
lac Saint-Pierre
lac Saint-Pierre © Design Pics Inc. / Alamy Stock Photo

Chaque printemps, depuis toujours, le littoral du lac Saint-Pierre devient le théâtre d’un phénomène hors du commun, la crue printanière, et bat au rythme des allées et des venues de nombreuses espèces de sauvagine. Le secteur devient la terre d’accueil de centaines de milliers d’oies blanches, de canards barboteurs, de fuligules et de bernaches. Le niveau du lac augmente de plus de deux mètres, le faisant déborder à l’intérieur des terres. Plusieurs dizaines de kilomètres carrés de terres riveraines sont ainsi ennoyés dès avril pendant cinq à neuf semaines. Le lac Saint-Pierre devient alors la plus grande plaine inondable d’eau douce du Québec.

Le secteur a toujours été une zone essentielle tant pour la sauvagine que pour la population locale, qui y pratique la chasse, la pêche, la navigation, l’observation des oiseaux et l’agriculture.

Or, cette vitalité engendre une pression immense sur le lac et sur son littoral. Si bien que l’équilibre de l’écosystème y est en péril. C’est pourquoi CIC s’intéresse à cette zone et, depuis 30 ans, multiplie les actions favorisant la cohabitation la plus respectueuse des usages de ce site d’une valeur inestimable.

Selon Alexandre Nicole, biologiste et observateur de la première heure, le secteur connaît une période de transition. « Avec les cultures agricoles et, par conséquent, sans végétation permanente, les eaux qui se retirent laissent derrière elles de grandes vasières. Les limicoles ne manquent pas de faire escale sur ces sites d’alimentation durant leur migration qui se déroule un peu plus tard que celle de la sauvagine. »

 

Location du project Saint-Barthelemy et lac Saint-Pierre
Location du project Saint-Barthelemy et lac Saint-Pierre © CIC

Favoriser la cohabitation: lac Saint-Pierre

Coup d’œil dans le rétroviseur. Milieu des années 1980. Le gouvernement du Québec veut soutenir l’activité agricole, entre autres en convertissant des milieux humides en terres cultivables par le drainage des marais salés côtiers. C’est dans ce contexte que le ministère de l’Agriculture convoite le secteur du lac Saint-Pierre pour y construire de grandes digues. Son souhait : soustraire les terres agricoles des inondations printanières.

Le projet soulève les passions. Après bien des discussions et des tensions, les partenaires du Plan conjoint des habitats de l’Est (PCHE) proposent un compromis afin d’éviter que le milieu naturel soit entièrement transformé, soit un projet de conservation de la faune situé à mi-chemin entre le confinement complet du secteur et la préservation du cycle naturel des plaines inondables. Le concept retenu : la construction de digues selon un protocole permettant d’assécher les terres après la crue du lac en vue de la reprise des activités agricoles. L’idée est alors bien celle d’une cohabitation harmonieuse entre deux activités soumises à des rythmes et à des impératifs parfois difficiles à concilier. Or, en dépit de la bonne volonté de tous, ces travaux n’ont pas donné les résultats escomptés.

Restaurer le milieu, un incontournable

Le site de conservation de Saint-Barthélemy est le premier de plusieurs chantiers à venir. Avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, l’organisation a planché pendant des mois afin de revoir la gestion du site. L’objectif : il faut redonner de la vigueur à l’écosystème de Saint-Barthélemy et en rétablir l’état de santé.

Dans une section, un retour à l’état d’origine. Dans une autre, le remodelage des fossés et l’ensemencement d’espèces végétales indigènes. Pour un autre segment, une modification pour le poisson, notamment la perchaude, une espèce autrefois abondante dans le secteur, qui a déserté. C’est ainsi qu’au sud de l’autoroute 40, s’est amorcée une nouvelle démarche de restauration écologique et hydrologique.

lac Saint-Pierre
lac Saint-Pierre © Comite Zip Lac Saint-Pierre

Retrouver un écosystème performant

Nous devrions voir la vie changer aux abords du lac Saint-Pierre, à Saint-Barthélemy. « Les résultats préliminaires des actions entreprises laissent entrevoir que l’endroit est voué à une plus grande diversité biologique s’étalant sur toute l’année, observe Bernard Filion, directeur du Québec, à Canards Illimités. Si certaines espèces font un retour aux sources, d’autres en sont à leurs premières apparitions et pourraient bien fréquenter les lieux de façon plus assidue. »

À cet égard, Alexandre Nicole estime que le secteur changera pour le mieux en raison de l’implantation d’un couvert végétal permanent, créant de nouveaux habitats pour les oiseaux champêtres. « L’établissement de vastes prairies attirera plusieurs espèces en péril, comme le bruant de Nelson, le goglu des prés et le troglodyte à bec court. De nouvelles arbustaies attireront bon nombre d’oiseaux chanteurs, tandis que toute cette végétation indigène fera du site une usine à insectes, au grand bonheur des insectivores aériens, comme les hirondelles, les moucherolles et les chauve-souris. Cependant, la présence de couvert végétal permanent va réduire la fréquentation de ces secteurs par les limicoles.

Ultimement, tout le monde y gagne. La nature reprend ses droits, bien sûr. Mais elle le rend à la population locale, qui bénéficiera de tout ce qu’un écosystème vigoureux et dynamique tel que celui du littoral du lac Saint-Pierre a à offrir.

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