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Récit
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Eau

Une solution pour chasser les eaux grises

Les milieux humides aménagés : une option écologique sans produits chimiques pour assainir l’eau

mars 02, 2021
Une solution pour chasser les eaux grises
© DUC

Vous tirez la chasse d’eau.

L’eau tourbillonne dans la cuvette. Elle emporte tout sur son passage, en passant par un enchevêtrement de tuyaux.

Comme la plupart des Canadiens, vous répétez ce geste environ cinq fois par jour. Et selon Home Water Works, « la chasse d’eau est de loin l’appareil qui consomme le plus d’eau dans une habitation moyenne. »

Mais combien d’entre nous savent où aboutissent en fait les eaux usées que nous produisons?

Si vous vivez ou travaillez dans une grande ville, vos eaux usées sont acheminées dans une centrale où elles sont traitées chimiquement avant d’être rejetées dans la nature. Ce procédé n’est pas bon marché. La construction d’une centrale de traitement des eaux usées peut à elle seule coûter des millions de dollars. Par exemple, en 2009, la Ville de Winnipeg a finalisé la construction d’une nouvelle centrale de traitement des eaux, qui a finalement coûté 300 millions de dollars.

Il s’agit d’une dépense que bien des collectivités rurales ne peuvent pas se permettre. « Un bassin d’épuration des eaux usées est une excellente solution », lance Paula Grieef, naturaliste en résidence au Centre d’interprétation du marais Oak Hammock (CIMOH).

Situé à une vingtaine de minutes au nord de Winnipeg, près de Stonewall au Manitoba, le CIMOH accueille les visiteurs curieux de découvrir les milieux humides et la faune. Ce centre abrite également le siège national de CIC et l’étang à trois bassins qui traite naturellement les eaux usées.

Depuis que ce bassin a été construit, au début des années 1990, les urbanistes, ingénieurs et promoteurs qui s’intéressent à la gestion des eaux usées l’ont visité. « Nous avons accueilli des visiteurs d’un océan à l’autre et des quatre coins du monde », nous apprend Paula Grieef.

Comment réagissent‑ils en général? « Ils ont tendance à penser que c’est plutôt génial », répond‑elle.

Et c’est vrai.

trois bassins
Du début à la fin, l’étang d’épuration à trois bassins du marais Oak Hammock peut filtrer les eaux usées en l’espace de quelques semaines, affirme Paula Grieef, naturaliste en résidence. « Les eaux grises chassées le 1er mai sont filtrées le 15 juillet et peuvent tout de suite être rejetées dans l’environnement », dit elle, en soulignant que le procédé est ralenti en hiver.
© CIC

À la différence des centrales de traitement des eaux construites de bois et de brique, l’étang à trois bassins du CIMOH assure l’habitat de la faune et assainit les eaux usées sans faire appel à des produits chimiques.

« Les eaux usées sont rejetées dans notre étang, explique‑t‑elle. Les deux premiers bassins séparent les matières solides des liquides. C’est alors que les bactéries naturelles se mettent à pulvériser les déchets. » L’oxygène, tout comme l’absence d’oxygène, joue un rôle essentiel dans ce procédé.

Lorsque les eaux usées atteignent le troisième bassin tapissé de gravier et peuplé de quenouilles, elles sont prêtes à être rejetées dans la nature. « Le dernier bassin est exceptionnel, puisque la plupart des étangs traditionnels n’en ont que deux », précise-t-elle.

CIC a construit ce troisième bassin pour démontrer que les étangs permettent de filtrer l’eau tout en assurant l’habitat de la faune. Au printemps et en été, « j’y ai vu des rats musqués, des carouges à épaulettes et différentes espèces de canards », ajoute‑t‑elle.

Ainsi, quand il est question de gérer les eaux usées, un étang d’épuration à trois bassins n’est pas seulement une solution de rechange idéale pour remplacer une centrale de traitement onéreuse pour les petites collectivités. « Les canards l’apprécient eux aussi », s’exclame‑t‑elle.