Le Québec à la défense des milieux humides

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Par Nigel Simms

Dans un geste qui témoigne de son leadership et de son courage dans le domaine des politiques d’intérêt public, le Québec redonne espoir à tous les Canadiens.

Adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec le 16 juin, le projet de loi no 132 assure officiellement la protection de tous les milieux humides et cours d’eau de cette province. Le Québec est la première province à adopter une loi pour protéger ces importants écosystèmes. Nombreux sont ceux qui disent « merci » au sein de la communauté de conservation. Un simple observateur pourrait demander : « Et puis après? ».

Car il faut bien le dire : les marécages ont un problème d’image. Il en va de même des marais et des tourbières. Pour bien des Canadiens, ils ne sont rien de plus que des terreaux fertiles pour les moustiques ou des décors pour de vieux films d’épouvante hollywoodiens.

Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec (Oui, c’est probablement le titre ministériel le plus long au Canada!) n’est pas dupe de cette image négative. En faisant adopter une loi pour protéger les milieux humides, David Heurtel reconnaît les prodigieux bienfaits de ces écosystèmes. Les milieux humides procurent des habitats essentiels à la faune : au moins 58 espèces en péril au Canada pourraient en témoigner. Et, chose qui pourrait intéresser l’observateur non avisé, les milieux humides assainissent notre eau et atténuent les effets des changements climatiques en emmagasinant le carbone. Un autre fait pouvant également intéresser les Canadiens : Ils sont des remparts contre les inondations et les sécheresses. Les milieux humides sont parfois, incontestablement, des endroits magnifiques pour profiter de la nature et s’adonner à des activités de plein air.

Pourtant, malgré ces bienfaits, nous avons réussi à éliminer 90 % des milieux humides dans certaines régions du Canada. Pour le Canadien moyen, lorsque la question des milieux humides se pose, il tâche généralement de l’éviter. Certains sont même devenus assez doués pour les éliminer entièrement.

La nouvelle loi du Québec vient changer la donne. Elle endosse le principe « aucune perte nette » de milieux humides. Pour atteindre cet objectif, la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques souligne le rôle important des organismes de bassins versants et des municipalités, qui sont à l’avant-scène en ce qui concerne l’équilibre entre le développement et la conservation dans leur région. Cette loi propose aussi un processus simplifié d’approbation environnementale. Il s’agit d’une loi novatrice qui, si elle est appliquée en bonne et due forme, pourrait faire rejaillir des avantages dans les secteurs agricole, forestier, municipal et environnemental. Imaginez!

Il est intéressant de regarder le Québec prendre la tête du peloton législatif pour la conservation des milieux humides. Dans quelques mois, nous soulignerons le 80e anniversaire de CIC. Le tout premier projet de conservation d’un milieu humide au Canada a été réalisé au Manitoba, en 1938. C’est là où a vu le jour le mouvement de la conservation des milieux humides canadiens et pourtant, ici même dans les Prairies, nous faisons des pieds et des mains pour faire adopter un projet, quel qu’il soit, inspiré de la loi du Québec.

D’autres provinces font des pas de géant, mais aucune n’arrive à la cheville du Québec. L’Ontario a annoncé, en juillet, les modalités d’une nouvelle stratégie de conservation des milieux humides. Le plan vise à mettre fin à la perte nette de milieux humides d’ici 2025 et à réaliser des gains nets d’habitat d’ici 2030. L’Alberta, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard ont adopté des politiques de conservation des milieux humides. La loi adoptée par le Québec saura sans doute inspirer d’autres provinces à prendre un engagement législatif encore plus important. On ne peut que l’espérer.

Nigel Simms est directeur national des Communications et du Marketing de CIC. Il est en poste au marais Oak Hammock, au Manitoba.

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