Les populations de canards, toujours aussi nombreuses

L’année 2017 est marquée non seulement par le 150e anniversaire du Canada, mais aussi par de vigoureuses populations de canards

Dans le rapport publié en 2017 sous le titre « Trends in Duck Breeding Populations », les estimations de la sarcelle à ailes bleues ont augmenté de 18 % depuis 2016. ©CIC

Grâce à de solides efforts de conservation et à un habitat fécond au Canada, les populations de canards nord‑américains et d’autres espèces de sauvagine sont toujours aussi vigoureuses.

Dans la zone traditionnelle du recensement, on estimait les populations totales à 47,3 millions de canards nicheurs, ce qui est comparable aux 48,4 millions estimés en 2016; il s’agit d’une augmentation de 34 % sur la moyenne à long terme de 1955 à 2016.

Tels sont les résultats dont on peut prendre connaissance dans le rapport de 2017 publié sous le titre Trends in Duck Breeding Populations par le Service canadien de la faune (SCF) et le Fish & Wildlife Service (FWS) des États‑Unis. Ce rapport donne un aperçu des populations de canards et de leurs habitats de part et d’autre de la frontière en mai et au début de juin.

« Cette estimation est la quatrième en importance dans les annales, nous apprend David Howerter, Ph. D., directeur national de la conservation de Canards Illimités Canada (CIC). En somme, les canards sont toujours aussi nombreux dans la zone traditionnelle du recensement. »

« Les paysages canadiens, surtout les aires de reproduction des Prairies et la forêt boréale, comptent pour beaucoup dans le maintien de ces populations. »

Les milliers de milieux humides peu profonds éparpillés dans les prairies du Canada constituent une partie de l’habitat de la sauvagine le plus productif en Amérique du Nord. La forêt boréale est une vaste superficie sillonnée de cours d’eau, de lacs et de milieux humides qui attirent les millions de canards, d’oies et de cygnes venus s’y reproduire chaque année.

L’an dernier dans les prairies, les précipitations ont été faibles en hiver et au début du printemps. Cette année, c’est tout le contraire qui s’est produit : il y avait beaucoup d’eau dans nombreux étangs l’automne dernier et les conditions étaient favorables à la nidification des canards dès le début du printemps. Or, le printemps sec et tardif a pu nuire à la survie des canetons.

Voici un aperçu des estimations des espèces d’après ce rapport :

  • les estimations de canards colverts, qui ont baissé de 11 % depuis l’an dernier, représentent 34 % de plus que la moyenne à long terme (MLT);
  • les estimations de canards chipeaux, comparables à celles de l’an dernier, ont progressé de 111 % par rapport à la MLT;
  • les estimations de canards d’Amérique, qui ont baissé de 19 % depuis l’an dernier, sont proches de leur MLT;
  • les estimations de sarcelles d’hiver, qui ont légèrement baissé depuis l’an dernier, ont augmenté de 70 % sur la MLT;
  • les estimations de sarcelles à ailes bleues, qui ont monté de 18 % depuis l’an dernier, ont augmenté de 57 % par rapport à la MLT;
  • les estimations de canards souchets, comparables à l’an dernier, ont augmenté de 69 % par rapport à la MLT;
  • les estimations de canards pilets, comparables à l’an dernier, ont baissé de 27 % par rapport à la MLT;
  • les estimations de fuligules à tête rouge, comparables à l’an dernier, ont augmenté de 55 % par rapport à la MLT;
  • les estimations de fuligules à dos blanc, comparables à l’an dernier, ont augmenté de 25 % par rapport à la MLT;
  • les estimations de fuligules, qui ont baissé légèrement depuis l’an dernier, accusent une baisse de 13 % sur la MLT.

« On pourrait dire qu’aujourd’hui, c’est comme dans le bon vieux temps », s’exclame M. Howerter, qui lance une mise en garde : bien qu’on puisse s’attendre à une migration automnale comparable à celle de l’an dernier, rien n’est garant de l’avenir.

Car même si les deux régions continuent de produire de vigoureuses populations de canards, les menaces se multiplient.

Pour l’ensemble des Prairies canadiennes, il faut adopter des politiques efficaces sur les milieux humides afin de résoudre des problèmes comme le drainage. En outre, le développement industriel dans la forêt boréale commence à peser sur cette vaste zone essentiellement vierge. Le changement climatique est une incertitude qui plane sur les milieux humides des prairies.

« Même si les données n’ont jamais été aussi solides, elles auraient en fait été nettement meilleures si nous n’avions pas perdu tant d’habitats à cause du drainage, explique M. Howerter. Nous avons déjà perdu énormément de capacité. »

« C’est la raison pour laquelle il est tellement important de poursuivre les efforts de conservation des milieux humides, afin de s’assurer que les oiseaux peuvent toujours compter sur des sites productifs. »

En préservant les milieux humides pour les canards, nous apportons notre contribution à toutes sortes d’autres services environnementaux. Les milieux humides font partie des écosystèmes les plus productifs dans le monde. Ils filtrent naturellement les polluants de l’eau, nous protègent contre les inondations et les sécheresses et emmagasinent les vastes quantités de carbone qui seraient normalement libérées dans l’atmosphère.

Le site Web de Ducks Unlimited Inc. comprend de plus amples renseignements, notamment le rapport du recensement complet et la répartition des différentes espèces.

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Les oiseaux migrateurs comptent sur les milieux humides et d’autres habitats pour chaque tronçon de leur parcours. Aidez‑nous à protéger et restaurer ces paysages essentiels.

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