Un marathon de négociations pour la conservation à Tantramar
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Récit
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Atlantique, Milieux humides, Prairies

Un marathon de négociations pour la conservation à Tantramar

Agriculteurs et conservationnistes récoltent les fruits de la persévérance

avril 19, 2021
Un marathon de négociations pour la conservation à Tantramar
La conservation remodèle le territoire. Selon les plans de gestion du territoire de CIC, les milieux humides et les prairies seront restaurés dans les marais de Tantramar et ils auront aussi une vocation agricole. ©DUC

En 2010, Kevin Harris, administrateur de Canards Illimités au Nouveau-Brunswick, avait prévu de participer au marathon de New York lorsqu’il a appris que son voyage à New York se doublait d’une importante mission pour CIC.

Car depuis des dizaines d’années, le personnel de CIC tentait de joindre la société européenne Tamino SA, propriétaire de plus de 400 hectares de milieux humides importants dans les marais de Tantramar, entre Aulac et Sackville au Nouveau-Brunswick. Tamino avait acheté le terrain comme placement en 1982.

CIC a finalement joint le propriétaire et dirigeant de la société, Spyros Metaxa, qui habitait en Grèce. M. Metaxa a demandé à son avocat de New York de prendre rendez-vous avec M. Harris dans le cadre d’un marathon de négociations pour discuter de l’offre que voulait lui faire CIC afin d’acheter le terrain de Tamino SA. Il s’agissait du premier d’une longue série de rendez-vous qui allait avoir lieu à l’hôtel Kimberly dans Manhattan.

Quatre années plus tard, les deux fils de M. Metaxa, Andreas et Stefan, ont pris l’avion pour le Nouveau-Brunswick afin de voir le terrain, que personne de leur famille n’avait encore visité. Avec Kevin Harris et Tom Duffy, Adam Campbell et Jana Cheverie, membres du personnel de CIC, ils ont visité des milieux humides de la localité et l’un des marais en friche dont leur société était propriétaire.

« Nous leur avons expliqué qui nous étions, ce que nous faisions et comment nous voulions restaurer ce terrain », précise M. Harris. Et ils ont réussi à les convaincre que le terrain était plus important pour la conservation que comme placement. Les représentants de Tamino SA ont fini par accepter l’offre de CIC.

Et c’est aujourd’hui la faune et les agriculteurs de la localité qui récoltent les fruits de la patience et de la persévérance.

Au printemps 2016, une douzaine d’agriculteurs locaux s’agglutinent autour d’un ordinateur portable et d’un écran de projection au centre du Synode de l’Église Unie, à Sackville. En avalant des biscuits, ils examinent les cartes des terres agricoles à vendre ou à louer sur le marais de Tantramar, dont CIC a fait l’acquisition.

Le personnel de CIC avait invité les agriculteurs à cette assemblée; il s’agissait de la première étape d’un plan de gestion du territoire pour la terre achetée. Une partie de la terre, trop humide pour être exploitée, doit être restaurée, une autre partie est réservée aux oiseaux de prairie migrateurs, et une troisième partie est destinée à l’agriculture locale. C’est ainsi que se déroulent les activités de conservation dans un paysage en pleine transformation.

« La zone des marais de Tantramar est extrêmement importante pour la conservation des oiseaux migrateurs et pour l’agriculture, explique Tom Duffy, gestionnaire des opérations de CIC dans l’Atlantique. Des milliers et des milliers d’oiseaux qui se rendent dans le nord en traversant le goulet du parcours migratoire de l’Atlantique passent par les marais de Tantramar. Les agriculteurs récoltent le foin sur les terres endiguées depuis des siècles. Nous sommes enthousiastes à l’idée de pouvoir transformer le paysage local grâce à l’acquisition de cette propriété. »

La plupart des agriculteurs présents à l’assemblée de Sackville se sont montrés intéressés par l’acquisition ou la location de parcelles de terre. Avec l’aide d’un expert-conseil, CIC a pu en faire la répartition parmi les agriculteurs d’après les pratiques d’exploitation agricole, le lieu et les liens historiques. « Il a fallu beaucoup de travail, précise Mme Cheverie, chef de la protection des habitats de CIC dans les provinces de l’Atlantique. Mais les agriculteurs sont heureux de pouvoir exploiter la terre, dont la plus grande partie est en friche depuis 40 ans. »

CIC a vendu 42 hectares à trois agriculteurs distincts et signé des accords de location à long terme pour 79 hectares avec quatre agriculteurs, dont Shelley et Roy Dixon, propriétaires de la Dixon’s Farm Fresh Beef à Pont-à-Buot, au Nouveau-Brunswick.

« Des parcelles de cette terre du marais complètent vraiment bien notre exploitation, s’exclame Shelley Dixon. Chaque fois qu’une terre en friche a déjà été exploitée, c’est une excellente nouvelle d’apprendre qu’elle sera réexploitée. L’agriculture est la pierre d’assise de nos communautés. »

tantramar
Les marais de Tantramar, qui s’étendent en basse plaine à la frontière séparant le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, sont une région importante pour la sauvagine – comme les canards noirs – et pour l’agriculture.
©DUC

Et la qualité de l’habitat est la pierre d’assise de la vigueur des populations de sauvagine. En restaurant 283 hectares de milieux humides et de prairies dans ce marais, CIC en fera le havre des oiseaux migrateurs et des autres espèces fauniques et l’un des écosystèmes les plus biodiversifiés de la province.