L’art d’identifier les canards - Canards Illimités Canada
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Récit
/
Conservationniste, Sauvagine

L’art d’identifier les canards

Conseils pour reconnaître leur espèce en pleine nature

mai 13, 2021
L’art d’identifier les canards
©CIC

Qu’est ce qui a l’air d’un canard, marche comme un canard et cancane comme un canard? Un autre canard, bien sûr! Et parce qu’il y en a plus de 20 espèces différentes en Amérique du Nord, distinguer un canard d’un autre est parfois un casse-tête, qui se complique encore plus si l’on tient compte des autres représentants de la gent plumée comme l’oie et le cygne et des oiseaux aquatiques comme le huard et la foulque. Nous avons demandé à trois experts sauvaginiers aguerris comment ils s’y prennent pour identifier les canards et de nous donner de judicieux conseils.

Le blanc dans le noir

Président du conseil d’administration de CIC, Jim Couch est sauvaginier depuis toujours. Il donne de précieux conseils aux chasseurs et aux ornithologues qui sont à l’affût de la sauvagine dès les pre-

mières lueurs de l’aube ou par temps nuageux lorsque la visibilité est réduite.

« À 66 ans, ma vue n’est plus ce qu’elle était, explique-t-il. C’est ce qui fait que je suis devenu attentif à ce qu’il y a de plus visible par temps sombre : le blanc. »

Il nous apprend que la plupart des canards qu’il chasse portent des marques blanches assez voyantes, surtout les mâles.

Le canard colvert : Si la plupart des gens reconnaissent le canard colvert à sa spectaculaire tête verte, il est difficile à reconnaître par temps sombre. Il devient alors plus facile de le reconnaître à l’anneau blanc qu’il porte autour du cou et à sa queue blanche immaculée et lisérée de noir.

La sarcelle à ailes bleues : Ce petit canard vif porte un croissant blanc sous les yeux.

Le canard d’Amérique : Le mâle porte une tache blanche entre le front et le milieu de la calotte. Lorsqu’il vole, on le reconnaît à la tache blanche qu’il porte sur le dessus des ailes.

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Le canard d’Amérique porte fièrement une tache blanche sur ses ailes. ©CIC

Sauvagine volante non identifiée

La sauvagine est parfois vite comme l’éclair. Dans le feu de l’action, quand elle plonge, vole à vive allure et tournoie, il est généralement difficile de l’identifier. M. Couch nous livre quelques conseils pour identifier en vol les espèces familières.

Le canard colvert : Dans les airs, il est plutôt discret. Il descend rapidement en flèche. Quand il atterrit, il lève la tête, déploie ses ailes et fonce comme une torpille.

Le canard pilet : Pour M. Couch, le canard pilet est le « F-18 des canards ». Élégant en vol, il est aussi extrêmement rapide.

La sarcelle à ailes bleues et la sarcelle d’hiver : Ces petits canards volent souvent en tire-bouchon avant de se poser sur l’eau. Leur vol est parfois irrégulier : une bande entière de sarcelles peut tournoyer en parfaite harmonie.

Les canards pilets peuvent se déplacer à une vitesse fulgurante, en poussant des pointes de 100 km à l’heure. ©CIC

Autre indice : l’eau

As de la photo et passionné de sauvagine, Chris Benson est le coordonnateur du patrimoine de chasse à la sauvagine de CIC. Pour avoir passé d’innombrables heures sur l’eau, il reconnaît les différentes espèces à leurs joyeux ébats.

« Il suffit d’observer un canard évoluer sur l’eau pour savoir s’il est un plongeur ou un barboteur, explique-t-il. C’est une première étape importante pour arriver à bien identifier un canard. »

Voici quelques indices.

Profil : Les plongeurs comme le fuligule, l’eider et la macreuse s’enfoncent généralement plus profondément dans l’eau; l’arrière de leur corps a tendance à pencher vers le bas, et la queue trempe dans l’eau ou flotte juste au-dessus. Les barboteurs comme les canards branchus, les canards noirs et les canards d’Amérique s’enfoncent moins profondément dans l’eau, et leur queue reste complètement émergée.

Envol : Les plongeurs ont de petites ailes par rapport à la taille de leur corps, ce qui les oblige à commencer par courir pour prendre de la vitesse afin de décoller lorsqu’ils sont sur l’eau. Les barboteurs prennent tout de suite leur envol.

Rassemblement : L’habitat est une pièce d’identité importante. Les barboteurs se trouvent le plus souvent en eau peu profonde, non loin des rives des milieux humides. Les plongeurs préfèrent l’eau plus profonde et se réfugient par exemple au beau milieu des vastes milieux humides ou sur les lacs et les cours d’eau.

Leur comportement sur l’eau est l’un des moyens les plus faciles de distinguer les barboteurs des plongeurs. Les barboteurs comme les colverts s’élancent directement depuis la surface de l’eau. ©CIC
Les plongeurs comme les fuligules à dos blanc doivent prendre leur élan pour gagner de la vitesse et pouvoir s’envoler. ©CIC

Montre moi ton bec, je te dirai qui tu es

Le bec est à la sauvagine ce que l’ustensile est au convive. Il y en a de toutes les formes et de toutes les tailles; tout dépend de ce que l’on mange. M. Benson nous apprend que certains canards ont un bec spécialisé très différent de tout ce qu’on peut imaginer.

Bec en biseau : Le fuligule à dos blanc a un long bec pentu en biseau qui lui permet de déraciner les plantes aquatiques.

Bec en spatule : Le canard souchet est bien connu pour son grand bec plat en spatule.

Bec dentelé : Le harle a un bec long et étroit, dont les bords s’apparentent à des dents.

Le nom : loin d’être prioritaire

Ornithologue connu et reconnu dans le monde entier, Richard Crossley est l’auteur primé de la série The Crossley ID Guide. Son tout dernier ouvrage porte sur l’ensemble de la sauvagine (canards, oies et cygnes) d’Amérique du Nord. D’après lui, il ne faut surtout pas tâcher d’apprendre à tout prix les noms des espèces. Il encourage ses lecteurs à se familiariser d’abord avec des caractéristiques comme la taille, la forme et le comportement.

« Nous cherchons toujours des réponses. Or, il s’agit non pas de résoudre une énigme, mais bien d’apprendre. Si nous essayons de toujours trouver un nom sans y arriver, nous avons l’impression d’échouer et nous finissons par renoncer. Il faut surtout pouvoir se dire, par exemple, que ce que l’on voit fait penser à ce petit canard trapu qui ne cesse de hocher la tête et qu’on a vu la semaine dernière. Pour l’ornithologue en herbe, le nom n’est jamais prioritaire. L’important est de garder l’œil ouvert. »

L’automne est la saison idéale pour apprendre à identifier la sauvagine. Tous nos experts sont d’accord pour dire que rien, ni même les conseils les plus judicieux, ne vaut l’expérience. Profitez de l’automne pour apprendre à identifier les canards.