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Science

Une application qui apporte une solution!

Grâce à une application, Canards Illimités Canada peut lutter contre la spartine envahissante.

avril 19, 2021
Une application qui apporte une solution!
©CIC

En coupe-vent et bottes de caoutchouc, une spécialiste de la conservation de CIC se tient sur la berge d’une vasière du littoral de la Colombie-Britannique. Un sac de drapeaux roses sur le dos, elle tape un texte sur son téléphone intelligent.

Rassurez-vous : elle n’envoie pas de texto et ne suit pas non plus les réseaux sociaux. Elle est plutôt en train de jouer un rôle essentiel dans la lutte contre la spartine envahissante dans ce milieu humide.

Une solution ingénieuse

En mai 2017, les spécialistes de l’information géographique de CIC (qui sont passés maîtres dans l’art de cartographier les données géographiques) ont lancé une nouvelle application pour les téléphones intelligents. Dotée du logiciel d’ESRI Canada, cette application permet au personnel de la conservation de géolocaliser la spartine (Spartina anglica, Spartina densiflora, Spartina patens) et de donner, en temps réel, une idée de la superficie qu’elle recouvre.

« Cette nouvelle application va nous permettre de suivre plus efficacement l’évolution de la population de la spartine », explique Matt Christensen, spécialiste de la conservation de la CIC. À ses yeux, il faut absolument surveiller la géolocalisation et l’étendue de la spartine envahissante pour en réduire la présence (et l’empreinte) sur l’habitat et la faune de la Colombie-Britannique.

spartine
L’an dernier, les spécialistes de la conservation ont commencé à cartographier, sur leur téléphone intelligent, les infestations de spartine. ©CIC

La spartine

Découverte en Colombie-Britannique il y a 15 ans, la spartine est une herbacée envahissante qui détruit l’habitat de la sauvagine, en éliminant les plantes indigènes comme la zostère, importante source d’alimentation pour la sauvagine en halte migratoire et en hivernation, comme la bernache noire du Pacifique, le canard siffleur, le canard colvert, le canard pilet et la sarcelle.

La spartine peut envahir les vasières du littoral; il devient ainsi impossible aux oiseaux d’avoir accès aux invertébrés riches en protéines. Aujourd’hui en Colombie-Britannique, trois espèces différentes de cette plante envahissante s’étendent sur environ 18 hectares d’habitat de la sauvagine. Les zones touchées sont réparties sur quelque 1 000 hectares.

« Pour éradiquer la spartine, il faut d’abord la confiner », précise Matt Christensen. Et pour ce faire, il faut savoir où elle pousse. Il faut donc passer du temps sur le terrain … et se munir d’un téléphone intelligent.

Comment fonctionne l’application

Lorsqu’ils détectent la spartine, les spécialistes de la conservation se servent de cette nouvelle application pour classifier la superficie que couvre la plante (ce que l’on appelle son « peuplement végétal »). Grâce au GPS du téléphone intelligent, l’application peut géolocaliser automatiquement la spartine.

Puisqu’on peut désormais remplir facilement un formulaire et enregistrer, grâce à cette application, les coordonnées exactes de la plante, Matt Christensen affirme que le personnel de la conservation s’évite ainsi des heures de travail de « préparation de données ».

« Auparavant, il fallait parcourir toute l’information recueillie sur le terrain et s’assurer qu’elle était bien répertoriée. Désormais, l’application fait tout ce travail pour nous », précise-t-il.

Après avoir saisi les données dans l’application, le spécialiste de la conservation plante un petit drapeau rose à côté de la plante. Ce drapeau, qui n’a rien à voir avec les derniers perfectionnements de la technologie, répond à un besoin pratique, puisqu’il permet au personnel qui revient sur le terrain pour épandre l’herbicide sur la spartine envahissante de détecter les zones infestée.

Il y a d’autres applications

Pour l’instant, cette nouvelle application « permet seulement d’établir des rapports internes », poursuit Matt Christensen. « Mais il y a d’autres moyens, pour le public, de signaler la présence des espèces envahissantes », conclut-il.

Matt Christensen recommande de consulter le site Web BC Inter-Ministry Invasive Species Working Group pour avoir accès à deux applications (Report-Invasives BC et Report-A-Weed BC) prêtes à télécharger.